FESTIVAL DU LIVRE DE SÈTE

16e AUTOMN’HALLES

DU 24 AU 28 SEPTEMBRE 2025

CONCOURS DE NOUVELLES 2025

La septième édition de ce prix se déroulera du 15 octobre au 31 décembre 2025. Elle distinguera les meilleures nouvelles inédites par des auteurs français ou étrangers, écrites en français, à caractère littéraire, au style libre et au thème imposé :

MON ÎLE MYSTÉRIEUSE


Ce thème s’inscrit comme chaque année dans la thématique du Festival : la mer en partage.

Le thème 2025 célèbre les 150 ans de la parution de L’Île mystérieuse de Jules Verne, dont l’arrière-petit-fils, Jean Verne, préside le Concours 2025.


DÉCOUVREZ LE RÈGLEMENT DU CONCOURS 2025 ET LE FORMULAIRE D’INSCRIPTION

RÈGLEMENT DU CONCOURS INSCRIPTIONS

LES RENDEZ-VOUS DES AUTOMN’HALLES


Écrivain invité : Didier Amouroux

Samedi 8 novembre à 11h

Bar Le Plateau à Sète


Sous le titre Nous les Guilhems de Montpellier, nos 3 châteaux et la Vierge noire on découvre un roman historique à l’aube de l’an 1000. Au cœur du Moyen Âge, une dynastie visionnaire, celle des neuf Guilhems et de Marie de Montpellier fonde et fortifie la cité en deux siècles de luttes et d’aventures. Les lecteurs découvriront le brassage des artisans locaux, canabassiers, drapiers, merciers, tonneliers, orfèvres, changeurs, mégissiers sur le Merdanson, apothicaires, épiciers, fripiers, laboureurs, marchands de tous pays, médecins, pèlerins, hommes d’Église… Sortent de terre les châteaux des seigneurs et leurs églises , déambulent les processions de la Vierge qui figure toujours sur le blason de la ville.

Né lui-même à Montpellier, Didier Amouroux se lance en littérature en 2003 avec l'écriture de l’Histoire des Caisses d'épargne en Languedoc Roussillon édité par Privat. En 2024, il publie Au Pic Saint Loup, avec ou malgré vous ? chez 5 Sens Éditions.


Exposé historique et photos 

Entrée libre, vente (21€) et dédicace sur place

Nous les Guilhems de Montpellier (éditions Complicités - 2025)

contact@lesautomnhalles.fr


Bar le Plateau

2 rue des 3 Journées, Sète


LE BLOG DES AUTOMN’HALLES

par Yves Izard 28 février 2026
On découvre d’abord une ville étrange pourtant semblable à toutes les autres disait Molly Fall si l’on excepte le dédale des rues, la chaleur à crever, la mer comme un mirage et les pensées pesantes empêchant de s’y rendre…mais qu’est-ce vous voulez … Bref une sorte de ville fantôme à la topographie minimaliste, comme dans un western, où des chercheurs d’or se sont appropriés la ville , chassant un peuple devenu fou qu’on appelle désormais les « Exilés » . C’est dans ce lieu étrange que surgit une femme venue pour tourner un film qui n’existe pas . Avec une caméra et un drone elle a essayé de filmer la prolifération invisible, tout autour et en moi mais l’image m’a mise en mille morceaux . Elle y croise le sculpteur, le pianiste, une tenancière de bar, un poète, un prêtre vêtu de noir, des enfants anonymes et sauvages . Il y a un café qui se remplit le soir ; Plus tard elle découvrira un couvent, puis les Zones où tu peux disparaître , un monde sous terrain et des exécutions de natifs parce que leur présence menace la lumière ; Et surtout Molly qui a l'habitude de faire du cerceau dans sa robe qui flotte au vent sous les regards des hommes qui salissent son corps . Ailleurs, au milieu de l’océan Atlantique, une naufragée qui a perdu la mémoire est repêchée par un cargo qui vient d’essuyer des jours de tempête où le vent hurlait jusqu’à la plus profonde des cales, les hommes n’étaient plus que des marionnettes… c’était le ventre de la mer qui s’emparait de vous . C'est dans une de ces nuits de tourmente qu'un marin a disparu tragiquement . « Jack s’est jeté » . La phrase est tombée comme un couperet sur la table autour de laquelle l’équipage est rassemblé . Mais le capitaine jurait qu’on allait s’en tirer . On pourrait y lire du Pierre Ech-Ardour : « Pire est la mer que les déserts » dédié aux migrants de Méditerranée. Il restera à ces deux femmes, la cinéaste narratrice et la naufragée amnésique à trouver une issue pour reconstruire leur identité. La construction de ce roman foisonnant entre vaisseau fantôme et thriller halluciné nous plonge dans un univers où la raison vacille, entre le rêve et le mythe. Où la vie, le désir, côtoient la folie et la mort avec ce capitaine dont la capuche de son ciré dégoûtant sur ses cheveux le long d’une barbe dont la blondeur était menacée par la grisaille du plus mauvais temps qui soit, celui de l’âge . Le temps du récit à partir du jour 0 n’obéit pas à un calendrier chronologique, il commence le jour 7 après Savannah avec la première disparition de jack , dans l'Atlantique nord , et se poursuit Jour 3 après Savannah quand jack découvrait à la jumelle la langue de terre désertique, cette ville de P. où vient d'arriver la narratrice cinéaste dans le café qui pourrait être un salon. Les deux mondes vont coexister dans « la mer et son double » jusqu’au jour 47 après Savannah pour revenir aux origines dans un maeltrom fantastique où la mer avait commencé à envahir Anna, avec dans ses pupilles des trombes d’eau, l’ombre des courants de fond sur ses épaules des frôlements serpentins encerclant ses jambes… Molly retourne dans sa ville, son bras traverse le miroir , elle sait que dans la vie un instant peut décider de tout . Anna arrive enfin au bord, à l’endroit de séparation où la glace devient liquide… derrière elle, la forme du cargo s’estompe dans le blizzard… c’est maintenant qu’elle doit se jeter, en avant . Yves Izard La mer et son double Julia Lepère Éditions du Sous-sol (2026)
par Marie-Ange Hoffmann 19 février 2026
Les premières pages nous mettent en présence d’une femme, Enriqueta, dont on pressent qu’elle est la clé de voûte d’une histoire tragique familiale et mémorielle inscrite dans la grande Histoire. En s’adressant à elle à la 2ème personne du singulier, la narratrice, qui n’est autre que Léonor elle-même, sa petite-fille, donne vie et chair à cette grand-mère avec une infinie tendresse. À la genèse du roman intervient un événement qui bouleversera la vie de Léonor née française : elle prend connaissance qu’en Espagne, une loi promulguée en 1922 permet aux descendants d’exilés déchus de leur nationalité et devenus apatrides de demander la nationalité espagnole perdue. Elle prend alors la décision de faire les démarches nécessaires pour une reconnaissance identitaire auprès du gouvernement ibérique. Une manière pour elle de redonner à tous les siens, disparus, leur dignité et leur humanité, une manière de lutter contre l’oubli. Revenons à l’histoire : Août 1936, la guerre fratricide espagnole atteint Irun, petite ville du pays basque espagnol qui fait face à la ville d’Hendaye, située dans le pays basque français encore épargné par la guerre. Pour échapper aux menaces de mort et aux bombardements des Franquistes, Enriqueta n’a qu’un choix, fuir la maison familiale avec ses trois enfants, ses parents et ses trois frères. Ils ont dix minutes pour tout quitter, laissant sur la table le gâteau de riz concocté par la grand-mère pour fêter les sept ans de son fils Jean. Ce gâteau sera le symbole de l’exil. Ce jour-là, Enriqueta, sous la contrainte, assume avec courage de porter toutes les pertes en entraînant la famille à passer le pont de l’exil, le pont, autre symbole, « un pont, une frontière. Un fleuve, la Bidasoa…Vous avancez tous ensemble, les parents devant, les oncles et toi derrière, avec les enfants. Il faudrait avoir l’air joyeux. Ne pas se retourner, surtout pas, puisqu’on va rentrer à la maison tout à l’heure. On mangera le riz au lait laissé sur la table. On fera une belle fête » . Au centre du récit, le drame de ces exilés déchus de leur nationalité, devenus apatrides une fois le pont traversé. Ils seront bien accueillis à Hendaye mais Enriqueta est une femme qui encaisse, qui surmonte, s’évade et court vers la plage d’Hendaye pour regarder Irun, sa ville en face, se détruire sous les bombardements. « Pourquoi revenir inlassablement sur ce 18 août 1936 ? Pourquoi au mitan de ma vie tourner et retourner cette terre faite de fantômes, d’exil et d’inconnu ? Je ne trouve pas de réponse précise, sauf la nécessité de chercher une certaine vérité dans l’enchaînement des événements. » Un roman sur l’exil mais aussi sur le devoir de mémoire. En se jetant dans cette quête, avec comme seuls appuis quelques documents d’archives, quelques photos, et souvenirs épars, Léonor se projette dans l’époque et les lieux à la rencontre de sa grand-mère et de sa famille, elle ressent la furieuse nécessité de « marcher dans leurs pas », d’aller à la rencontre des fantômes du passé, de les incarner en leur donnant la parole, en les tirant de leurs tombes et de l’oubli. L’originalité du récit tient à la manière dont l’autrice tisse la quête administrative personnelle (elle obtient finalement son passeport espagnol), l’enquête familiale et l’hommage à sa grand-mère avec la fiction romanesque et le regard poétique. Car la poésie est le cœur vibrant du récit. A travers elle, la narratrice dialogue intimement avec sa grand-mère « je suis toi, tu es moi et nous allons ensemble ». L’écriture permet de rendre vivantes les figures du passé et d’accéder à la vérité. La forte résonnance avec l’actualité est un appel à l’engagement politique de la littérature et de la poésie. L’autrice affirme le rôle incontestable des femmes combattantes en portant leurs voix haut et fort pour qu’on se souvienne. En écrivant, Léonor témoigne du passé, du présent et de l’avenir tel qu’il pourrait advenir. « Ce jour lointain, que je tente d’atteindre de si longues années après, je ne peux l’écrire qu’à travers l’invention des mots, le filet qu’ils forment, agrippant dans ses mailles des bribes de conversations, de souvenirs. » A la lecture de la prose de Léonor de Récondo, on ne s’étonne pas que la première vocation de l’autrice soit musicale - elle mène de front une activité de violoniste et d’écrivain. La singularité du récit s’inscrit dans le don de conjuguer intensité et finesse. Des passages poétiques au « je » alternent avec une prose délicate et touchante au « tu » Une musique intérieure résonne et émeut le lecteur . Marie-Ange Hoffmann Marcher dans tes pas Léonor de Récondo Éditions L’Iconoclaste (2025)
par Jocelyne Fonlupt 18 février 2026
En 1995, la jeune sociologue turque Pinar Selek entreprend une recherche sur les origines du mouvement de résistance kurde. C’est alors la mise en œuvre d'une politique de la terre brûlée dans le Sud-Est anatolien, qui contraint à l'exil 2 à 3 millions de personnes. Sa recherche porte sur les pratiques culturelles et les stratégies mises en place par un peuple que l’État turc cherche à éradiquer. Pinar Selek est arrêtée, torturée et emprisonnée. Son travail de recherche est interrompu. Ses notes sont saisies et détruites. Elle refuse de dévoiler les noms de ses interlocuteurs. Elle est accusée de terrorisme par le pouvoir turc. Contrainte à l’exil, elle vit aujourd’hui en France mais continue de faire l’objet de procès en Turquie. Vingt-sept ans plus tard, elle tente de reconstituer la recherche entreprise à partir de ce que lui restitue sa mémoire. Et c’est l’objet de cet ouvrage Lever la tête . Au-delà de ce qu’on y apprend des pratiques culturelles d’un peuple, c’est toute la question de la répression du savoir et de ceux qui le diffuse qui émerge. Et en ce sens, il dépasse largement la question kurde pour atteindre à l’universel . Jocelyne Fonlupt Lever la tête La recherche interdite sur la résistance kurde Pinar Selek Université Paris Cité Éditions (2026)
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